Le coup de sifflet retentit, les joueurs se regroupent près du banc, l’entraîneur parle vite et fort, le tableau d’affichage s’arrête. Ce moment, c’est le temps mort — et derrière cette pause en apparence simple se cachent des règles précises, différentes selon le niveau, la fédération, l’âge des joueurs. Combien de temps morts au basket selon les règles FIBA ? Combien en NBA ? Et pour les jeunes U11 ou U15, ça fonctionne comment ? Je te donne toutes les réponses concrètes dans cet article.
Qu’est-ce qu’un temps mort au basket et à quoi sert-il ?
Un temps mort, c’est une interruption volontaire du jeu, demandée par l’entraîneur (ou parfois un joueur) pour stopper l’horloge et réunir l’équipe. Sur le terrain, c’est souvent le moment le plus stratégique du match.
En coaching, j’utilise les temps morts pour casser le rythme adverse, corriger un problème tactique en temps réel ou simplement souffler quand les jambes commencent à peser. C’est un outil de gestion du match à part entière.
Au-delà de la tactique, le temps mort a aussi une fonction physique : il permet une micro-récupération dans un sport très intense, où les efforts explosifs se succèdent à haute fréquence sans vraie pause naturelle.
Combien de temps morts en basket selon les règles FIBA ?
La FIBA (Fédération Internationale de Basketball) est le référentiel des compétitions internationales, des championnats nationaux seniors et des coupes d’Europe. C’est aussi le règlement appliqué dans la très grande majorité des ligues françaises.
Nombre de temps morts par équipe en match senior
En compétition officielle FIBA, chaque équipe dispose de 5 temps morts sur l’ensemble du match, répartis sur quatre quarts-temps de 10 minutes.
Un détail que beaucoup d’entraîneurs débutants oublient : les temps morts non utilisés ne se cumulent pas d’une période à l’autre, sauf conditions spécifiques. Perdre un temps mort par inadvertance peut coûter cher dans les dernières minutes.
Durée d’un temps mort FIBA
Chaque temps mort dure exactement 1 minute, quelle que soit la situation de jeu. Pas plus, pas moins. L’arbitre siffle la reprise à la seconde près, et les joueurs doivent être prêts.
En pratique, ça va très vite. J’ai vu des coaches passer 45 secondes à corriger un système défensif, puis les 15 dernières secondes à relancer les joueurs mentalement. C’est un art à part entière.
Répartition entre première et seconde mi-temps
Le règlement FIBA fixe une limite claire : 2 temps morts maximum en première mi-temps (quarts 1 et 2 cumulés), et les 3 restants sont disponibles pour la seconde mi-temps (quarts 3 et 4).
Cette règle oblige les coachs à gérer leur capital stratégique avec rigueur. Brûler ses deux temps morts en premier quart, c’est arriver nu tactiquement à mi-match — une erreur fréquente chez les entraîneurs novices.
Règles spécifiques dans les dernières minutes
Dans le dernier quart-temps, une règle importante s’applique : chaque équipe ne peut utiliser que 2 temps morts dans les 2 dernières minutes de jeu. Cela évite de transformer la fin de match en une succession de pauses qui cassent toute fluidité.
En cas de prolongation (overtime), chaque équipe récupère 1 temps mort supplémentaire par période de 5 minutes. Un ballon d’oxygène bienvenu quand les esprits sont à bout.
Combien de temps morts en NBA ? Les différences majeures
La NBA joue selon ses propres règles, et les différences avec la FIBA sont nombreuses. Quarts-temps de 12 minutes au lieu de 10, ballon légèrement différent, et surtout une gestion des temps morts beaucoup plus complexe, pensée en partie pour les droits télévisés.
Nombre total de temps morts par équipe
En NBA, chaque équipe dispose de 7 temps morts par match, soit 2 de plus qu’en FIBA. Avec des quarts-temps plus longs et un rythme de jeu différent, ce chiffre plus élevé est logique.
Mais attention : tous ces temps morts ne fonctionnent pas de la même façon. La NBA distingue plusieurs types de pauses avec des durées et des règles d’utilisation propres à chacun.
Temps morts obligatoires et pauses télévisées
C’est là que ça devient vraiment spécifique à la NBA. Des temps morts obligatoires sont imposés par la ligue à des moments précis du match, indépendamment de la volonté des équipes. Ces pauses sont appelées « mandatory timeouts » et servent principalement aux diffuseurs télévisés pour placer leurs publicités.
Il y a 2 temps morts obligatoires par quart-temps, déclenchés automatiquement selon l’horloge ou le déroulement du jeu. Si aucune équipe n’a demandé de temps mort à des moments précis, l’arbitre l’impose. C’est un système très lié au modèle économique du basketball américain professionnel.
Durée des temps morts (2:45, 3:15, 1:15…)
En NBA, la durée des temps morts varie selon leur nature. Voici les valeurs officielles :
- Temps morts télévisés complets : 2 minutes 45 secondes
- Temps morts télévisés courts : 1 minute 15 secondes
- Temps morts d’équipe (non télévisés) : 1 minute 15 secondes
Cette hétérogénéité des durées change complètement la façon dont un coach NBA prépare son discours tactique. 2 minutes 45 secondes, c’est presque trois fois plus qu’un temps mort FIBA — le niveau de détail transmis peut être bien plus élevé.
Règles spécifiques dans les 3 dernières minutes
Dans les 3 dernières minutes du 4e quart-temps et en overtime, chaque équipe ne peut conserver que 2 temps morts maximum. Les temps morts non utilisés au-delà de ce quota sont perdus automatiquement.
Cette règle limite le « parking du jeu » en fin de match et garantit un minimum de continuité dans les moments cruciaux. C’est aussi ce qui rend les fins de match NBA si tendues et spectaculaires.
Temps morts en basket chez les jeunes : quelles règles par catégorie ?
Quand j’entraîne des jeunes, la question des temps morts revient souvent des parents et des nouveaux coachs. Les règles s’adaptent progressivement à l’âge et au niveau de maturité des joueurs. C’est une approche pédagogique que j’approuve totalement.
U9 et U11 : fonctionnement simplifié
À ces âges, le basketball est avant tout un espace de découverte. Les règles sont allégées, et les temps morts sont souvent gérés de façon informelle selon les championnats locaux et les règlements de ligues régionales.
L’objectif n’est pas encore stratégique mais éducatif : apprendre à s’arrêter, écouter, comprendre que le jeu peut être mis en pause. Certaines compétitions U11 n’appliquent pas de limite stricte sur le nombre de temps morts, laissant l’entraîneur gérer selon le contexte pédagogique.
U13 et U15 : adaptation progressive aux règles officielles
À partir de la catégorie U13, les règles se rapprochent progressivement du cadre FIBA. En général, chaque équipe dispose de 3 à 5 temps morts selon les règlements fédéraux en vigueur, avec une durée de 1 minute par arrêt.
C’est à cet âge qu’on commence à apprendre aux joueurs à « mériter » un temps mort, à comprendre pourquoi leur coach l’appelle et ce qu’on attend d’eux pendant cette pause. La dimension tactique commence à prendre du sens.
U17, U18, U20 : quasi-identiques aux seniors
Dès la catégorie U17, les règles appliquées sont pratiquement identiques aux règles FIBA seniors. 5 temps morts par équipe, durée de 1 minute, répartition encadrée entre les mi-temps. L’entraîneur joue avec les mêmes contraintes qu’un coach professionnel.
C’est une transition importante, et j’ai souvent vu des jeunes coaches U17 surpris par la rigueur de la gestion du capital temps morts. L’anticipation devient une compétence en soi.
Qui peut demander un temps mort et à quel moment ?
Demander un temps mort semble simple — mais il y a des règles précises sur qui peut le faire et dans quel contexte. Une erreur ici peut coûter une possession ou pire, un carton technique.
Rôle de l’entraîneur
En FIBA, seul l’entraîneur (ou l’entraîneur assistant en son absence) peut demander un temps mort. Il doit le faire auprès du marqueur de table en remplissant un formulaire ou en signalant clairement, et le temps mort sera accordé lors du prochain arrêt de jeu.
Le temps mort n’est donc pas immédiat. Si le ballon est en jeu, il faudra attendre une faute, une sortie de balle ou une autre interruption. Anticiper ce délai fait partie de la gestion tactique avancée.
Cas particulier en NBA : le joueur en possession du ballon
En NBA, la règle est différente et souvent surprenante pour ceux qui découvrent ce niveau : un joueur en possession du ballon peut lui-même demander un temps mort directement à l’arbitre. Cela permet des arrêts ultra-rapides dans des situations de pression extrême.
Ce droit est strictement encadré : le joueur doit contrôler le ballon, ne pas être en train de dribbler dans un mouvement continu, et le temps mort est refusé si l’équipe n’en dispose plus. C’est un mécanisme rare en dehors du basketball américain professionnel.
Impact des temps morts sur la durée réelle d’un match
Un match de basket « dure » 40 minutes en FIBA — mais si tu chronométres le temps réel passé dans la salle, tu dépasses facilement les 90 minutes à 2 heures. Les temps morts en sont l’une des causes principales.
Différence entre temps de jeu et durée totale
Avec 5 temps morts d’une minute par équipe, on parle déjà de 10 minutes d’arrêts potentiels rien que pour les temps morts, sans compter les fautes, les remises en jeu et les réunions arbitrales. En NBA, avec des temps morts plus longs et plus nombreux, un match dépasse régulièrement les 2h30.
Pour un joueur, cette réalité change la façon de gérer son énergie. Les pauses fréquentes permettent une récupération partielle, mais elles rompent aussi le rythme cardiaque et la concentration — deux éléments qu’un bon préparateur physique doit intégrer dans sa réflexion.
Influence des fautes, arrêts de jeu et révisions vidéo
Les temps morts ne sont pas les seuls responsables de l’allongement d’un match. Les fautes personnelles et techniques, les sorties de balle, et depuis peu les révisions vidéo arbitrales (instant replay) ajoutent des minutes supplémentaires difficiles à prévoir.
En NBA, une fin de match serrée peut prendre 30 à 45 minutes pour jouer les 2 dernières minutes de temps réglementaire. C’est une réalité que tout passionné de basketball finit par accepter — et même apprécier pour le suspense qu’elle génère.
Résumé rapide : combien de temps morts au basket selon la compétition ?
Pour y voir clair d’un seul coup d’œil, voici un tableau comparatif des règles officielles selon les principales compétitions :
| Compétition | Nombre de temps morts par équipe | Durée | Règle fin de match |
|---|---|---|---|
| FIBA (seniors) | 5 | 1 minute | 2 max dans les 2 dernières minutes |
| NBA | 7 | 1:15 à 2:45 selon type | 2 max dans les 3 dernières minutes |
| U17 / U18 / U20 | 5 (règles FIBA) | 1 minute | Identique FIBA seniors |
| U13 / U15 | 3 à 5 selon ligue | 1 minute | Variable selon règlement |
| U9 / U11 | Variable (pédagogique) | Variable | Pas de règle stricte |
| Overtime (FIBA) | +1 par prolongation | 1 minute | Identique règle générale |
Que tu sois coach débutant, joueur curieux ou parent qui essaie de comprendre ce que fait l’arbitre quand il lève les bras, j’espère que ce tour complet t’a donné une vision claire. Le temps mort est bien plus qu’une pause — c’est un levier stratégique, un outil pédagogique, et parfois le moment qui change tout dans un match.






