Ce qu’il faut retenir
- Le hardbat est un tennis de table inspiré du jeu des années 1930–1940, sans revêtements avec mousse.
- Il limite les effets et met l’accent sur le placement, la régularité et la tactique.
- Le matériel est simple et strictement encadré : bois classique et picots courts sans mousse.
- La discipline reste bien vivante, surtout aux États-Unis, et se développe en Europe sous différentes formes.
Le hardbat est une discipline à part dans l’univers du tennis de table. Elle renvoie directement au jeu tel qu’il se pratiquait dans les années 1930 et 1940, avant l’apparition des revêtements avec mousse. À cette époque, le ping se jouait avant tout avec la tête et le toucher : peu de rotation, des échanges longs, et une vraie bataille de placement.
En supprimant la mousse sous les revêtements, le hardbat limite fortement les effets et réduit l’impact du matériel sur la performance. Les différences entre joueurs sont moins liées à la technologie et davantage à la lecture du jeu, à la régularité et à l’intelligence tactique. Une philosophie qui séduit encore aujourd’hui ceux qui recherchent un tennis de table plus authentique, plus lisible, presque intemporel.
Une discipline historique toujours bien vivante
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le hardbat n’est pas qu’un vestige du passé. Aux États-Unis, il reste solidement implanté, avec un titre officiel de champion des États-Unis de hardbat, disputé lors des championnats nationaux organisés sous l’égide de l’USATT.
La discipline doit beaucoup à ses figures emblématiques, et notamment à Marty Reisman, véritable légende du tennis de table américain. Champion des États-Unis par équipes en 1948, double médaillé de bronze mondial par équipes en 1948 et 1949, il a surtout marqué les esprits en devenant champion des États-Unis de hardbat en 1997, à l’âge de 67 ans. Une performance qui illustre parfaitement l’esprit du hardbat : un jeu où l’expérience et la finesse priment sur la puissance physique.
Un matériel volontairement simple et strictement encadré
Le matériel est au cœur de la philosophie hardbat. Ici, pas de carbone, pas de mousse dynamique ni de technologies modernes. La raquette se compose uniquement d’un bois classique et de revêtements à picots courts sans mousse.
Les deux faces de la raquette doivent être strictement identiques, afin d’éviter toute tromperie liée à la rotation de la palette. Une exception existe néanmoins : un joueur peut décider de n’utiliser qu’un seul côté. Dans ce cas, l’autre face peut rester en bois nu, mais il est formellement interdit de frapper la balle avec ce côté, sous peine de perdre le point immédiatement.
Des contraintes techniques très précises
Les revêtements autorisés répondent à un cahier des charges extrêmement strict. L’épaisseur du caoutchouc (hors picots) ne peut pas dépasser 0,8 mm. La hauteur des picots est comprise entre 0,9 et 1,5 mm, pour une largeur allant de 1,3 à 2,2 mm, avec une densité de 25 à 50 picots par 10 cm².
Le caoutchouc doit être peu adhérent : une balle ne peut pas être soulevée simplement par contact. Aucun ajout de matière n’est autorisé sur ou entre les picots, et la balle doit toujours être frappée du côté comportant les picots. L’objectif est clair : empêcher toute génération artificielle de rotation.
Depuis octobre 2005, le Comité Américain de Hardbat, rattaché à l’USATT, impose l’utilisation exclusive de revêtements figurant sur une liste officielle, afin de préserver l’esprit du jeu des années 30 et 40.
Le hardbat en Europe : entre tradition et créativité
En Europe, le hardbat se développe selon des approches variées. Une première tendance, dite classique, s’aligne sur la philosophie américaine avec une liste stricte de revêtements autorisés, comme au tournoi de Gloucester en Angleterre.
Une seconde approche, plus moderne, autorise l’ensemble des picots courts, voire des picots mi-longs, tant que leur hauteur reste inférieure à 1,5 mm. Certains tournois poussent même l’expérimentation très loin. À Tegel, à Berlin, il est possible de jouer avec du liège, du papier de verre ou du bois nu.
Des associations comme HEATT en Angleterre ou WUTTO aux Pays-Bas défendent quant à elles une vision radicale : des compétitions où tous les joueurs utilisent exactement la même raquette, afin d’éliminer toute influence du matériel sur le résultat.
Des règles proches du tennis de table, avec quelques différences clés
Les règles du hardbat restent globalement proches de celles du tennis de table, mais avec plusieurs spécificités, notamment aux États-Unis. Les matchs se jouent en manches de 21 points, avec un changement de service tous les cinq points, et des parties disputées au meilleur des trois ou cinq manches.
Le service caché est autorisé, sans limite de temps entre la présentation de la balle et l’impact. Il est en revanche strictement interdit de taper volontairement du pied pour distraire l’adversaire, en particulier au service. Les règles vestimentaires sont également plus souples, autorisant pantalons, chemises, chapeaux ou casquettes. Enfin, un joueur peut changer de raquette entre deux manches.
En Europe, certaines compétitions appliquent les règles actuelles de l’ITTF (manches de 11 points, balle de 40 mm, service caché interdit), tout en conservant les contraintes spécifiques au hardbat pour la raquette. En France, de plus en plus de tournois optent pour un format intermédiaire, avec des manches de 21 points et tous les picots courts sans mousse autorisés.



