Tu as déjà regardé un match de NBA et tu t’es dit « mais là il a clairement fait trois pas ! » ? Tu n’es pas le seul. C’est l’une des questions les plus fréquentes que j’entends sur les terrains, aussi bien chez les débutants que chez des joueurs avec plusieurs années de pratique. La règle du marcher au basket est mal connue, souvent mal appliquée, et source d’incompréhension entre ligues. Pourtant, comprendre combien de pas sont autorisés au basket change vraiment ta lecture du jeu — et ta façon de te déplacer avec le ballon.
Dans cet article, on démonte les idées reçues une par une. Du principe de base au fameux « pas zéro », en passant par les différences entre la FIBA et la NBA, tu vas tout comprendre.
Combien de pas sont autorisés au basket ? La règle officielle
Le principe général : deux pas maximum après contrôle du ballon
La règle est claire sur le papier : un joueur peut effectuer deux pas maximum après avoir pris le contrôle du ballon, c’est-à-dire après avoir capté une passe ou arrêté son dribble. C’est valable aussi bien en attaque qu’en contre-attaque, que tu sois en train de finir au panier ou de chercher à t’arrêter.
Le défi, c’est que sur le terrain, les enchaînements sont rapides, les pieds bougent vite, et les arbitres ont une fraction de seconde pour juger. J’ai coaché des équipes U15 pendant des années, et la règle des deux pas était systématiquement celle qui créait le plus de débats après les matchs.
À quel moment commence le décompte des pas ?
Le décompte commence au moment où le joueur prend le contrôle du ballon tout en ayant un pied au sol ou lors de la réception. C’est ce moment précis qui déclenche « l’horloge des appuis ». Pas avant, pas après.
Si tu reçois une passe et que les deux pieds sont déjà posés, le décompte débute immédiatement. Si tu es en l’air en recevant le ballon, le premier appui au sol après la réception constitue ton premier pas. Ce détail change beaucoup de choses dans l’interprétation des actions de jeu.
Le cas particulier du tir en course (lay-up) et du dunk
Le lay-up, ce tir en course effectué en foulant le sol en rythme, est souvent mal interprété. En réalité, il respecte parfaitement la règle des deux pas dès lors que le joueur a bien contrôlé le ballon avant ses appuis. Le problème survient quand le joueur attrape le ballon trop tard dans sa course et ajoute un pas supplémentaire.
Pour le dunk, c’est la même logique. L’élan, la réception du ballon et les deux appuis doivent s’enchaîner de manière fluide et réglementaire. Un joueur qui récupère le ballon en pleine course et fait trop d’appuis avant de sauter commet un marcher, même si le geste final est spectaculaire.
Le « pas zéro » (gather step) : pourquoi on a l’impression qu’il y a trois pas
Définition du pas zéro selon le règlement
Le « pas zéro », ou gather step en anglais, est l’appui effectué pendant la phase de récupération du ballon — c’est-à-dire au moment où le joueur est encore en train de prendre le contrôle du ballon, mais où un pied touche déjà le sol. Ce premier appui ne compte pas comme un « pas officiel ».
La FIBA a officiellement intégré ce concept dans son règlement en 2017. La NBA l’avait déjà dans ses usages depuis plusieurs années. Ce pas zéro est légal, reconnu et clairement défini par les deux instances, même si beaucoup de spectateurs l’ignorent encore.
Comment compter les appuis avec le pas zéro
Voici comment ça se passe concrètement : un joueur reçoit le ballon pendant sa course, son pied droit touche le sol pendant qu’il finit de saisir le ballon — c’est le pas zéro. Ensuite, il pose le pied gauche (pas 1), puis le pied droit (pas 2), et là il doit tirer, passer ou s’arrêter.
Si on compte les appuis visuellement, ça fait trois contacts avec le sol. C’est pourquoi l’œil non averti perçoit un troisième pas inexistant. Ce n’est pas de la complaisance arbitrale, c’est la règle.
Exemples concrets d’actions légales souvent mal comprises
Quelques situations que je vois régulièrement mal interprétées en match ou à l’entraînement :
- Un ailier récupère une passe longue en pleine course et finit en lay-up avec trois appuis visibles → légal si le gather step est bien identifié.
- Un meneur arrête son dribble, pose un pied (gather), puis enchaîne deux pas pour contourner un défenseur → légal.
- Un pivot réceptionne un ballon en l’air, atterrit sur un pied, puis fait deux pas → légal, à condition que le contrôle du ballon soit établi avant l’atterrissage.
Dans tous ces cas, la clé c’est le moment exact où le ballon est maîtrisé. Ce détail de timing conditionne toute la légalité de l’action.
Différence entre les règles FIBA et NBA sur le nombre de pas
Combien de pas en FIBA ?
En FIBA (la fédération internationale qui régit les compétitions mondiales, les JO et la plupart des ligues européennes), la règle autorise deux pas après le gather step. Le pas zéro est reconnu depuis 2017. Les arbitres sont formés pour identifier précisément le moment de prise de contrôle du ballon avant de comptabiliser les appuis.
Le règlement FIBA est globalement strict sur l’application du marcher. Les arbitres internationaux sont entraînés à siffler tôt, parfois sur des actions qui paraissent légères aux yeux des spectateurs habitués à la NBA.
Combien de pas en NBA ?
En NBA, la règle officielle est identique dans sa formulation : deux pas après le gather step. Sur le papier, aucune différence notable avec la FIBA. Mais dans les faits, l’interprétation laisse plus de liberté aux joueurs, notamment sur la définition du moment exact du gather.
La NBA tolère des zones grises que la FIBA arbitrerait probablement à la faute. C’est une question de culture arbitrale, de rythme de jeu et de spectacle. Le niveau athlétique des joueurs NBA est aussi tel que certains enchaînements sont difficiles à décortiquer en temps réel.
Pourquoi la NBA semble plus permissive
Voici un tableau comparatif pour y voir plus clair :
| Critère | FIBA | NBA |
|---|---|---|
| Nombre de pas officiels autorisés | 2 (+ gather step) | 2 (+ gather step) |
| Reconnaissance officielle du gather step | Oui, depuis 2017 | Oui, depuis plusieurs années |
| Interprétation arbitrale | Stricte | Souple |
| Zone grise sur le timing du gather | Faible | Plus large |
| Impact sur le style de jeu | Jeu plus cadré | Plus de liberté dans les finitions |
| Utilisation de la vidéo pour les marcheurs | Limitée | Revue vidéo possible en fin de match |
La différence ne vient donc pas de la règle écrite, mais de la façon dont elle est appliquée. Quand LeBron ou Giannis semblent faire quatre pas, c’est souvent une combinaison du gather step, d’un timing de gather très étiré, et d’une tolérance arbitrale propre à la NBA.
Les autres situations considérées comme un marcher
Lever ou changer le pied pivot
Une fois que tu as arrêté ton dribble, tu dois désigner un pied pivot — c’est le pied qui reste fixe pendant que tu peux pivoter avec l’autre. Si tu soulèves ce pied pivot avant d’avoir tiré ou passé, c’est immédiatement sanctionné comme un marcher.
C’est une erreur que je vois constamment chez les débutants qui, sous pression défensive, lèvent machinalement leur pied pivot pour se dégager. Mauvais réflexe, faute directe.
Sauter et retomber avec le ballon sans tirer ni passer
Tu sautes pour tirer, tu changes d’avis en l’air et tu retombes avec le ballon toujours en mains ? C’est un marcher. La règle est formelle : si tu sautes avec l’intention de tirer, tu dois lâcher le ballon avant de retoucher le sol.
Cette situation arrive souvent lors d’un saut d’intimidation face à un défenseur bien placé. La solution ? Passer le ballon pendant le saut ou accepter le contact et tirer quand même.
Glisser ou rouler au sol avec le ballon
En cas de chute, si un joueur glisse ou roule sur le sol avec le ballon dans les mains sans faire d’effort pour se relever rapidement, c’est une faute de marcher — ou à défaut, une possession jugée illégale par l’arbitre.
La règle est là pour éviter tout avantage au sol. Dans les situations de lutte pour le ballon, il vaut mieux protéger le ballon en restant statique que de rouler.
Faire un arrêt puis repartir sans dribbler
C’est le classique. Un joueur reçoit le ballon, s’arrête proprement sur deux appuis, puis décide de repartir en marchant sans faire rebondir le ballon. Marcher évident. Le dribble doit impérativement précéder tout nouveau déplacement une fois que les appuis sont posés.
À l’entraînement, je fais toujours un exercice simple : attraper une passe, s’arrêter, et vérifier mentalement « est-ce que j’ai encore le droit de dribbler ? » Ça crée une bonne habitude de conscience corporelle.
Comment éviter un marcher au basket : conseils pratiques
Maîtriser le pied pivot
Le pied pivot, c’est la base de tout. Travaille des exercices simples :
- Arrêt à deux pieds sur réception de passe, puis pivot avant et arrière sur chaque pied.
- Exercice en miroir avec un partenaire : l’un attaque, l’autre défend, le porteur du ballon doit protéger et pivoter sans lever son pied pivot.
- Intègre le pivot dans tes enchaînements dribble-arrêt-tir pour le rendre automatique.
L’objectif est de rendre le pied pivot instinctif, même sous pression, même en fin de match quand la fatigue prend le dessus.
Travailler la coordination dribble–appuis
La synchronisation entre le dernier dribble et les deux appuis finaux est cruciale pour éviter le marcher sur les finitions. Beaucoup de marcheurs viennent d’un dernier dribble trop tardif, ce qui désynchronise les appuis.
- Travaille les lay-ups lents avant d’aller à pleine vitesse.
- Compte tes appuis à voix haute pendant les exercices : « un, deux, tir ».
- Utilise des cônes pour matérialiser le point de récupération du ballon.
La lenteur est ton alliée pour apprendre la bonne mécanique avant de l’intégrer à haute intensité.
Ralentir pour sécuriser ses deux appuis
C’est le conseil que je donne le plus souvent, et c’est celui qui résiste le mieux au temps. Sur une action importante, si tu doutes de ta capacité à finir proprement, ralentis d’une demi-foulée avant tes deux appuis. Tu perdras peut-être un peu de vitesse, mais tu gagneras en contrôle et en efficacité.
Les grands joueurs ne marchent pas parce qu’ils vont vite — ils marchent parce qu’ils savent exactement où poser les pieds. C’est de la proprioception, de la répétition, et un peu d’intelligence de jeu. Tout ça, ça se travaille.






